Dès les années 2000 au MIT, puis à Stanford en 2008, les premières tentatives de MOOC sont principalement de la mise en ligne de contenu plus ou moins soporifique. En 2008, Georges Siemens et Stephen Downes mettent en ligne un cours que les étudiants sont libres d’enrichir. C’est le premier MOOC !

Puis Sebastien Thrun, professeur à Stanford, lance un cours sur l’intelligence artificielle qui va attirer 160 000 étudiants, alors qu’il n’en attendait que 10 000.  C’est le début des investissements massifs dans les MOOC avec la création d’Udacity, edX et Coursera qui développent des approches pédagogiques et des modèles de financement différents. Ces premières initiatives américaines seront suivies de l’explosion mondiale de ces cours.

Pour y voir plus clair dans les différentes approches pédagogiques, Georges Siemens va proposer une classification des MOOC en 2 grandes familles : les cMOOC et les xMOOC. Les xMOOC proposent des cours en ligne (un ancêtre de cette pratique peut être la conférence télévisée de P. Bourdieu en 1996 sur le thème de la télévision), alors que les cMOOC demandent aux participants de créer le contenu. Comme le notent Matthieu Cisel et Éric Buillard, les professeurs ne se cantonnent pas à une de ces classifications, mais utilisent les deux approches en même temps, en fonction des besoins pédagogiques. Bref, cette classification sera très certainement amenée à évoluer en fonction des découvertes et des usages.

La pratique commence d‘ailleurs à développer quelques standards suite aux premiers retours d’expérience qui datent de fin 2012 seulement :

- Il ressort que les vidéos durent rarement plus de 20 minutes, ce qui oblige les professeurs à redécouper leurs cours.

- Les plateformes ont mis en place des systèmes de récompenses, des forums, etc., pour augmenter les interactions entre étudiants. Celles-ci sont nécessaires pour entretenir leur motivation (cf. notre article ici).

- Les étudiants sont évalués au cours de la formation, soit par leurs pairs, soit en autoévaluation via des QCM ou des tests interactifs.

L’évaluation par les pairs a par ailleurs fait des émules dans les écoles physiques comme l’école 42.  Ces pratiques en sont encore à leurs balbutiements et on peut s’attendre à ce qu’un véritable savoir-faire dans la création et l’animation de MOOC soit en cours de développement.

La révolution de l’enseignement engagée par les MOOC n’est pas près de s’arrêter et va à coup sûr connaître encore de nombreux rebondissements. Les MOOC vont certainement, à mesure que les retours d’expérience vont se multiplier, s’enrichir et se transformer, pour trouver une ou des formes optimales. Mais il faut aussi compter sur une influence grandissante de ces nouveaux modes d’apprentissage sur la formation.  

Affaire à suivre…

Ecoutez le témoignage de Monique Canto-Sperber sur sa pratique des MOOC avec Gilles Babinet sur France Culture :

http://www.franceculture.fr/emission-questions-d-ethique-les-moocs-l-enseignement-en-ligne-conduira-t-il-a-la-disparition-des-un

Lisez la Chronique des MOOC, de Matthieu Cisel & Éric Bruillard, parue dans la revue STICEF (Sciences et Technologies de l´Information et de la Communication pour l´Éducation et la Formation) : http://sticef.univ-lemans.fr/num/vol2012/13r-cisel/sticef_2012_cisel_13rp.html