L’idée a connu ses premiers balbutiements au début des années 2000, lorsqu’avec l’avènement d’Internet certains organismes ont tenté du diffuser massivement leur formations – en Chine et au Royaume Uni, notamment – sans résultat vraiment concluant.

C’est en 2008 que l’Université de Manitoba au Canada remporte enfin le coup d’essai. Outre 25 élèves qui y assistaient physiquement, le cours « Connectivism & Connective Knowledge » est en effet suivi par plus de 2000 étudiants via Internet, provoquant un retentissement médiatique sans précédent. Le terme est alors lancé, et le procédé rapidement reconduit par plusieurs universités américaines.


Aujourd’hui, le lancement de MOOCs par une université telle que celle d’Edinburgh engendre des centaines de milliers d’inscriptions couvrant plus de 150 pays. Le village global aurait-il enfin trouvé son école ?

Car les MOOCs ne sont pas simplement une évolution des cours à distance : créés par et pour la génération 2.0, ils embrassent le potentiel technologique mis à leur disposition. Des universités proposent en effet webconférences, quiz, vidéos, discussions, ebooks, le tout accessible par un simple formulaire. L’attrait est compréhensible : les MOOCs proposent, à la carte et en quelques clics, tout ce dont les étudiants ont besoin, gratuitement, et sans les contraintes d’une formation en amphithéâtre. 


On devine facilement les avantages, chacun pouvant composer son CV de connaissances éclectiques afin d’arborer un profil complet et polyvalent, adapté aux besoins des entreprises, le tout sans débourser un sou. La démarche n’est pourtant pas aussi simple : les diplômes, si l’on souhaite les valider, restent payants ; seule la formation est gratuite.

On se trouve ainsi face à un système proche du free to play de l’industrie vidéoludique, qui propose une offre gratuitement mais demande aux plus intéressés une contribution financière. 


Pour l’instant, les résultats sont nuancés : sur la pléthore d’inscrits, rares sont ceux qui vont jusqu’au bout. Notons que les plus tenaces ont globalement un taux de réussite plus élevé qu’en présentiel. 

Les MOOCs redistribuent les cartes. En démocratisant les connaissances, ils ouvrent de fabuleuses perspectives pour quiconque n’a pas accès à une éducation privilégiée. Relativement jeunes, ils doivent cependant encore prouver leur efficacité. 

En France, la plateforme FUN (France Université Numérique) vient d’ouvrir ses portes et propose déjà de nombreux cours dispensés aussi bien par le CNAM que Science Po et Polytechnique.