En formation, la créativité est au service de la pédagogie

Quand on parle d’ingénierie de formation, cela ne doit rien au hasard ni à l’imagination sémantique ! Un ingénieur qui s’attelle à la construction d’un pont utilise une méthode et obéit à des lois qui permettent que son système fonctionne. Il en va de même en pédagogie. Dans l’univers de la formation aujourd’hui, beaucoup d’entre nous se disent d’abord créatifs, notamment grâce au digital et à toutes les possibilités qu’il offre. Mais si une « idée géniale » n’est pas adaptée au besoin et au contexte, en bref si elle est hors sujet, elle ne servira à rien, si ce n’est à satisfaire (provisoirement) l’ego du pédagogue. Ou de son client…


Le point de départ : l’analyse des besoins

Notre travail de pédagogues consiste à comprendre le contexte de notre client, ses objectifs stratégiques, les objectifs pédagogiques et, bien sûr, à savoir qui sont les apprenants : de quel métier viennent-ils ? Quel est leur niveau de connaissances et de compétences sur le sujet concerné ? Où devons-nous les conduire ? Tel est le cahier des charges dont nous avons besoin pour donner une réponse pertinente à un client en demande de formation pour ses collaborateurs. Une fois clarifiés les objectifs pédagogiques, nous sommes en mesure de déterminer les activités qui permettront d’atteindre ces objectifs. Et non le contraire. Bien sûr, il existe plusieurs réponses possibles. Le choix s’opère en fonction des moyens à disposition : quel budget ? Quels outils ? Quel est le temps que peuvent libérer les apprenants pour leur formation ? 


Le client est roi… mais a-t-il toujours raison… ?

Nous serons sans doute d’accord sur ce point : ce qui compte en formation, c’est la satisfaction du client et des apprenants sur les moyen et long terme. C’est pourquoi il faut savoir parfois ne pas approuver toutes les demandes, au risque de déplaire à court terme. Il arrive en effet que des clients sollicitent une solution qui a le vent en poupe, celle dont on parle, celle que vante un concurrent : un serious game, un Mooc ou autre. Acceptons de ne pas dire « oui » à une solution qui serait dépourvue de cohérence pédagogique. Il incombe aux pédagogues – c’est leur métier – de démontrer la validité de leur proposition si elle est meilleure, c’est-à-dire bénéfique aux apprenants. Notre but : que le client, après mesure des résultats de la formation et du plaisir d’apprendre des apprenants, soit pleinement satisfait. À l’inverse, une solution en vogue mais inadaptée au besoin conduirait à un constat d’inefficacité du dispositif (et donc à un gaspillage financier). N’est-ce pas cela, l’accompagnement des clients ? 

Innover, créer, inventer pour atteindre les objectifs

Ces étapes dûment réfléchies et travaillées en amont, nourries d’échanges et de dialogues avec les clients, il devient dès lors passionnant de construire des propositions innovantes et de déployer notre créativité. Laquelle s’exprime forcément dans la conception d’un parcours blended. Comment lui intégrer un ou plusieurs modules e-learning ? Il faut prévoir le rythme des différentes phases, les alternances et les contrastes du parcours dans sa globalité, mettre en place des respirations. Tout ce qu’il faut pour susciter l’intérêt de l’apprenant et faciliter ses apprentissages. Quant à « l’idée géniale » que j’évoquais plus haut, nous la trouverons si nous suivons la méthodologie d’ingénierie pédagogique, si le besoin et les moyens existent, si l’équipe projet manifeste la curiosité qui permet de nourrir la créativité au quotidien. C’est toute la beauté et l’utilité de l’ingénierie, notre métier.
Dans le digital learning, nous ne sommes pas gadgetomanes ou gadgetophiles. Nous sommes d’abord des pédagogues. Et ne l’oublions pas : dans digital learning, il y a … learning !